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 Source : Nouvel Observateur (30/08/2002)    Source : Liberation (31/08/2002)
[Articles du 31/08/2002] - [ Periode : 08-2002 (23 articles)] - [ Source : Liberation (36 articles)]

Article paru le 31/08/2002 - Cet article est la propriété du journal ou société : Liberation

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Pessimisme et licenciements déferlent sur Toulouse


L'«effet» AZF s'ajoute à la crise dans le spatial et les télécoms.

Une catastrophe industrielle peut en cacher une autre. Après l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre qui a tué 31 personnes, c'est maintenant le chômage qui menace de s'abattre sur la ville. Pas un seul des 1 188 salariés des six unités du site chimique qui emploie au total, avec ses 132 entreprises sous-traitantes, 2 588 personnes, n'a encore été licencié. Mais les 490 employés d'AZF sont déjà soit en retraite anticipée soit en reconversion. Et la SNPE (Société nationale de poudres et explosifs) et sa filiale Tolochimie ­ dont le redémarrage de 70 % des activités a été interdit en juillet, puisque privées de gaz phosgène ­ annoncent cette semaine 402 suppressions de postes. Et ce ne pourrait n'être qu'un début.

«Stratégie de repli». Selon l'étude d'impact de Cap Gemini Ernst & Young commandée par la ville, ce sont de 12 000 à 17 500 emplois qui seraient finalement menacés. Soit de 2 à 4 % des 435 000 salariés et non salariés de la zone d'emploi toulousaine. C'est que le hangar 221 des nitrates d'ammonium a sauté au moment où l'aéronautique et les télécommunications entraient en crise. Deux secteurs qui représentent plus de la moitié des emplois industriels de la ville. L'«optimisme ambiant» qui régnait un an plus tôt sur la ville, écrit Cap Gemini Ernst & Young, a fait place à une «stratégie de repli».

Paysage chaotique. Il y a toujours les ruines noires de l'usine AZF à l'entrée sud de la ville. Mais il y a aussi les tas de tôles et de béton des entreprises soufflées tout autour. Selon la chambre de commerce de Toulouse, un bon tiers des 3 268 emplois des 66 entreprises les plus lourdement endommagées le 21 septembre était, au printemps dernier, «susceptible d'être supprimé». Les sociétés Polybag et Depuvy-Biloand, 26 et 37 salariés, ont en tout cas disparu du paysage chaotique de la route d'Espagne. Cinq autres ont à ce jour déposé le bilan. Les autres ont pu se contenter de licenciements partiels et de mesures de chômage technique pour absorber leur chute d'activité.

Le coeur de la ville n'a pas été épargné. Le Zénith est toujours fermé au public, la maçonnerie du Stadium est affaissée et les halls ébranlés du parc des expositions n'accueillent plus personne. Fini les concerts, les matchs, les salons depuis presque un an. Les analystes de Cap Gemini calculent que pour la seule Foire internationale de Toulouse, la perte de 500 000 visiteurs, dépensant chacun un minimum de 20 euros en hôtels, taxis et restaurants, a dû induire la suppression d'au moins 500 emplois dans l'économie régionale.

«Plan Marshall». Le Philippe Douste-Blazy dramatique qui demandait à Lionel Jospin «un véritable plan Marshall» pour sa ville se fait désormais plus discret . Les élections ont passé depuis. «La situation est moins noire que prévue, tâche aujourd'hui de convaincre le maire de Toulouse. Jean-Pierre Raffarin m'a promis qu'il y aurait un volet toulousain au prochain comité interministériel d'aménagement du territoire. Nous verrons bien, j'attends.» C'est vers le pétrolier TotalFinaElf, propriétaire d'AZF, qu'il choisit de se tourner pour exiger de lui qu'il crée à Toulouse 1 000 emplois en compensation de la catastrophe. Et c'est au tour du président socialiste de la région, Martin Malvy, d'exiger du gouvernement qu'il trouve des solutions... De son côté, l'intersyndicale de la chimie reste plongée dans un pessimisme social total : «Toute disparition de cette industrie à Toulouse, insistent ses leaders, amènerait sur la zone à une perte de 8 000 emplois directs et induits.»

Le pessimisme se cultive assez naturellement depuis un an à Toulouse. Car dans la première ville aéronautique d'Europe, les attentats du 11 septembre (survenus dix jours avant l'explosion d'AZF) se sont très vite traduits par des annulations de commandes d'avions. Airbus prévoit à court terme de supprimer 6 000 postes de travail pour faire face à la chute de 30 % des plans de charge. Même baisse d'activité sur le marché des télécommunications. Sur les 2 350 salariés toulousains de Motorola Semiconducteurs, 400 sont par exemple en cours de reclassement. Alcatel Space Industrie annonce enfin la suppression de 216 emplois directs ou de sous-traitants sur le site. Le secteur spatial et celui des composants électroniques pourraient ainsi perdre de 7 à 14 % de leurs emplois directs. L'anniversaire de l'explosion d'AZF pourrait bien n'être pas commémoré à Toulouse dans le meilleur climat social.

Gilbert LAVAL


 Source : Nouvel Observateur (30/08/2002)    Source : Liberation (31/08/2002)

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