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 Source : Nouvel Observateur (12/10/2002)    Source : La Depeche (15/10/2002)
[Articles du 15/10/2002] - [ Periode : 10-2002 (18 articles)] - [ Source : Liberation (40 articles)]

Article paru le 15/10/2002 - Cet article est la propriété du journal ou société : Liberation

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AZF: Total entretient la confusion


Selon le SRPJ, un mélange chlore-nitrates serait à l'origine de l'explosion.

TotalFinaElf allume les contre-feux. Depuis l'explosion d'AZF le 21 septembre 2001 à Toulouse, le pétrolier propriétaire de l'usine est soupçonné par les enquêteurs d'en être le premier responsable du fait de la «gestion chaotique» du site et de «négligences graves en matière de sécurité». Il envoie dire aujourd'hui qu'au contraire, aucune négligence ne peut lui être reprochée.

Un an après la catastrophe chimique qui a tué 30 personnes, la question se pose toujours de savoir ce qui l'a provoquée. La piste d'un mélange malheureux de chlore et d'ammonitrates à l'origine de l'explosion serait «non seulement infondée mais impossible», affirme Daniel Soulez-Larivière, l'avocat du pétrolier, après reconstitution sur les lieux la semaine dernière. «Me Soulez-Larivière dit ce qu'il veut», s'amusent les enquêteurs du SRPJ. Tout les convainc, eux, qu'un ouvrier de la société intérimaire Surca a d'abord trouvé un sac de 500 kilos de produit chloré Dccna sous le hangar «Demi-grand», puis l'a déversé sur le tas de 300 tonnes de nitrates d'ammonium du hangar 221 un quart d'heure avant son explosion. L'ouvrier en question croit pouvoir assurer que ces 500 kilos n'étaient que du nitrate ? «Mais il faudrait alors nous expliquer ce que ce sac faisait dans la partie de l'usine réservée à la production de chlore, relève un inspecteur du SRPJ. Les parfaites conditions de sécurité décrites par Total n'interdisaient-elles pas ce type de désordre ?»

Arc. La question relève apparemment du détail pour le représentant de Total à Toulouse, Patrick Timbart : «Nous voulons nous aussi comprendre ce qui a fait sauter l'usine.» A l'écouter depuis un an, ce ne peut être en aucun cas le mélange accidentel subodoré mais jamais établi par ses accusateurs. Que cela soit possible mettrait en cause les capacités de Total à gérer ses entreprises en toute sécurité et en ferait le responsable pénal d'une catastrophe à 30 morts et 2,4 milliards d'euros. Treize de ses cadres et salariés toulousains sont mis en examen depuis le 13 juin pour «homicide et blessures involontaires».

L'industriel n'a toujours pas renoncé à une éventuelle «piste électrique». Un arc qui aurait mis le feu aux nitrates, c'est-à-dire une cause extérieure à son usine... En attendant, Me Soulez-Larivière tâche de démonter la thèse qui semble prévaloir au palais de justice. Chlore et nitrate ne peuvent être confondus, assure-t-il ainsi. Et il explique que, lors de la reconstitution de mercredi, seules trois pelletées de Dccna auraient pu être manipulées du fait de son odeur. Le reste ayant été pris en charge par «quatre salariés équipés de combinaison étanche et de masque à respiration réglementaires».

Le surlendemain vendredi, après 40 heures de mise à l'air libre du produit, «des effets identiques [...] ont été observés», poursuit-il. Mais là, le SRPJ se moque franchement de lui : «Nous aimerions être sûrs que les ouvriers, et surtout les intérimaires, s'équipent, à chaque manipulation, de combinaison et de masque à gaz... Ensuite, Soulez-Larivière n'était pas présent ce vendredi. Il a prêté son nez à des confrères...» Selon des enquêteurs, au contraire, lors de la reconstitution, «à moins de cinquante centimètres d'un tas inerte», il n'était plus possible d'identifier le Dccna après ces deux jours. Les policiers doutent encore que ce qu'ils imaginent avoir été du chlore le 21 septembre n'ait passé que deux jours à l'air libre. Cette piste du mélange chlore-nitrate est désormais «close», a conclu Me Soulez-Larivière dès vendredi.

Doutes. Elle ne l'est peut-être «pas autant que ça du côté de l'instruction», entend-on au palais de justice. La reconstitution aura au moins permis au groupe Total de se faire entendre sans trop de parasitages... Il ne sera pas dit que l'industriel a été livré sans défense comme présumé coupable à l'opinion. «Les causes de l'explosion ne sont mal heureusement toujours pas connues», regrette officiellement Total. Autrement dit, toutes les hypothèses sont, selon lui, encore ouvertes, y compris celles qui l'exonèrent de toute responsabilité. Le doute censé toujours bénéficier aux accusés est pour l'heure le plus solide atout du pétrolier. Il ne se prive donc pas de douter de tout, et surtout de ce qui l'accable. En attendant, et pour tâcher de «faire enfin la lumière», son avocat va demander de «nouvelles investigations» aux juges d'instruction.

Gilbert LAVAL


 Source : Nouvel Observateur (12/10/2002)    Source : La Depeche (15/10/2002)

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