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 Source : Nouvel Observateur (21/09/2002)    Source : Nouvel Observateur (21/09/2002)
[Articles du 21/09/2002] - [ Periode : 09-2002 (79 articles)] - [ Source : Nouvel Observateur (43 articles)]

Article paru le 21/09/2002 - Cet article est la propriété du journal ou société : Nouvel Observateur

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Il y a un an à Toulouse, l'usine AZF explosait


Photo © Nouvel Observateur Le 21 septembre 2001, à 10h17, un tiers de la ville rose était endommagé par l'explosion d'un pôle chimique de TotalFinaElf faisant 30 victimes et plusieurs milliers de blessés. 8.000 toulousains sont rassemblés sur la place du Capitole dans un climat tendu.

Huit mille personnes selon la police se sont rassemblées samedi midi sur la place du Capitole à Toulouse pour rendre hommage aux victimes de l'explosion d'AZF, un événement qui se déroulait dans un climat relativement tendu alors qu'avait lieu parallèlement une manifestation en faveur de la fermeture des usines chimiques installées dans la ville rose. Sept élèves des établissements sinistrés ont d'abord pris la parole pour dire leur douleur et leur frayeur vécues le 21 septembre 2001. Le maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, a ensuite pris la parole pour honorer la mémoire des victimes (30 morts, 2.500 blessés), exprimant sa compassion et évoquant le désarroi de la population. Mais il a été sifflé par une dizaine de personnes qui ont fixé entre deux lampadaires une très grande banderole de la taille d'une bâche sur laquelle on pouvait lire: "SNPE = bombe chimique; Douste, Etat, industriels tous responsables; Toulousains otages sacrifiés".

Intervention policière

La Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) est une des trois usines du pôle chimique toulousain à avoir redémarré ses activités il y a quelques semaines. La police est intervenue, a dispersé les protestataires et a décroché la banderole. Quelques bousculades ont eu lieu avec des personnes qui assistaient à la cérémonie et qui ont été choquées par cette manifestation d'hostilité. Ensuite, l'orchestre nationale du Capitole, installé sur une grande scène couverte, a joué la Cinquième symphonie de Ludwig van Beethoven dite du Destin. Peu après, environ 2.500 personnes selon la dernière évaluation de la police, qui défilaient depuis le pôle chimique ont tenté d'accéder à la place du Capitole. La police tentait de les en empêcher à 12h45, le trajet de la manifestation devant éviter la place à l'origine. Cette manifestation est organisée par le collectif "Plus jamais ça, ni ici ni ailleurs" qui fédère des associations de sinistrés. Les manifestants demandent la fermeture totale du pôle chimique.

Hommage

Plus tôt dans la journée, un an, jour pour jour, après l'explosion de l'usine chimique AZF, de nombreux Toulousains ont observé samedi trois minutes de silence, à 10h17 précises, en hommage aux 30 victimes du drame. Le maire de la ville Philippe Douste-Blazy et le conseil municipal se sont réunis dans le recueillement dans une salle annexe de la mairie de quartier de Croix-de-Pierre, non loin du lieu de l'explosion. "Tout le conseil municipal a tenu à se réunir dans un quartier martyr", a déclaré M. Douste-Blazy, qui a ajouté que "les Toulousains ne forment qu'un à cette minute". Au même moment, les militants et sympathisants de l'association "Plus jamais ça" se sont réunis non loin de l'usine détruite, tandis que partout dans la ville les Toulousains étaient invités pareillement à observer ces trois minutes de silence et à porter un ruban blanc à la boutonnière. Les cloches des églises de la ville ont sonné avant et après ces trois minutes de recueillement. Le 21 septembre 2001, à 10h17, Toulouse était victime d'une déflagration considérable, endommageant selon le maire de Toulouse plus d'un tiers de la ville. Après avoir compris que la catastrophe provient du pôle chimique, au sud de Toulouse, des cellules de crises à la mairie et à la préfecture se montent, les secours s'organisent pour diriger les blessés de la zone la plus touchée vers les hôpitaux. A 11h, un ordre de confinement est donné par la préfecture afin de protéger les populations du nuage d'ammoniac qui se répand sur la ville. Abandonnant leur logement inhabitable, 250 personnes, le soir du 21 septembre, encore plus les jours suivants, sont hébergées dans des gymnases transformés en centres d'accueil. Une semaine après, le plan particulier d'intervention était levé. On dénombrait 30 morts et plusieurs milliers de blessés. S'engageait alors le long travail de réparations, temporaires puis définitives, des 35.000 logements touchés, qui aujourd'hui encore est loin d'être terminé. Durant un an, les syndicats du pôle chimique se sont mobilisés pour défendre leurs salariés et leur image contre ceux qui les accusaient de négligence, tandis que les associations de sinistrés, fédérées par le collectif "Plus jamais ça", dénonçaient leurs conditions de vie difficiles et réclamaient, tous les 21 de chaque mois, la fermeture définitive des usines chimiques. Deux luttes opposées, qui s'affrontaient philosophiquement lors de leurs manifestations respectives. Ces luttes continuent encore aujourd'hui, parce que les uns traversent différents plans sociaux, et parce que les autres doutent toujours, malgré le contrôle de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE)sur la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs) et la fermeture des usines AZF et Tolochimie, de la réelle sécurité des riverains.

Les salariés

Dans un communiqué de Grande Paroisse (propriétaire de l'usine AZF), la société (filiale de TotalFinaElf) "redit sa compassion et sa sympathie aux familles des victimes (...) et à l'ensemble de l'agglomération toulousaine" et "les assure de a détermination à rechercher la vérité". Une enquête sur les causes de l'explosion d'AZF qui semble sans fin, ainsi que l'a confirmé mardi dernier le procureur de la république de Toulouse. "L'enquête va durer le temps que la défense va estimer qu'elle dure, pour faire la démonstration ou la non-démonstration de ce qu'elle défend", a noté Michel Bréard, ajoutant que d'autres mises en examen auraient lieu, pour "agissements involontaires". A ce jour, l'hypothèse généralement retenue par les enquêteurs attribue l'explosion à un mélange accidentel de dérivés chlorés et de nitrate d'ammonium, dû à une erreur de manipulation et à des négligences dans la sécurité. Selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour Toulouse Mag, Sud Radio et TLT, 65% des 400 personnes interrogées déclarent avoir encore des doutes sur l'origine de l'explosion, et 69% affirment que le traumatisme leur est encore "très présent".

AP


 Source : Nouvel Observateur (21/09/2002)    Source : Nouvel Observateur (21/09/2002)

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