Retour vers l accueil du site lesnews.org...

 Source : La Depeche (28/12/2001)    Source : Le Monde (29/12/2001)
[Articles du 29/12/2001] - [ Periode : 12-2001 (141 articles)] - [ Source : Liberation (36 articles)]

Article paru le 29/12/2001 - Cet article est la propriété du journal ou société : Liberation

Logo Liberation

AZF: le chlore, suspect numéro un


«Une hypothèse qui n'a pas plus de valeur que d'autres», selon TotalFinaElf.

Du chlore serait à l'origine de l'explosion à l'usine AZF de Toulouse. Une benne remplie de banals déchets de chlore aurait été transportée du sud de l'usine, et déversée sur les quelque 250 tonnes de nitrate d'ammonium entreposées dans le hangar 221, dans le nord du site industriel. Ce serait la simple mise en contact, apparemment par inadvertance, de ces deux produits qui aurait provoqué l'immense déflagration, entraînant la mort de trente personnes et blessant 2 500 au tres le 21 septembre. Les premiers résultats de l'enquête judiciaire, présentés par les experts oralement aux juges d'instruction le 18 décembre, écartent donc les diverses pistes envisagées, avec plus ou moins de sérieux, au lendemain de la catastrophe: action kamikaze d'un ouvrier prétendu intégriste islamiste, attentat terroriste au lance-roquettes, acte de malveillance, explosion accidentelle d'une bombe oubliée depuis la Seconde Guerre mondiale, voire obus stocké de la Première.

Négligence. L'hypothèse actuellement envisagée par la justice serait bien plus simple: il s'agirait donc d'une négligence industrielle. Daniel Van Schendel et Dominique de Haro, les deux experts chimistes désignés par les juges d'instruction, ont démontré que «si on met du chlore sur un tas de nitrate d'ammonium, ou même sur un mélange hétérogène, une réaction chimique se produit et ça explose». Les experts ont reconstitué le phénomène en laboratoire: le mélange du nitrate d'ammonium avec des produits chlorés, ou des dérivés, explose à chaque fois. Selon un chimiste, le mélange ­ du trichlorure d'azote (Nclz) ­ est instable, son explosion est rapide et ne nécessite pas d'apport extérieur de chaleur. Et donc pas d'incendie. L'usine AZF faisait venir du chlore pour fabriquer des produits destinés aux piscines notamment. «Un wagon de chlore arrive chez AZF chaque semaine, l'usine n'en produisant pas», con firme un connaisseur de l'usine, qui cependant s'étonne des premières conclusions des experts: «D'habitude, ce chlore reste cantonné au sud du site. AZF décline le chlore en une vingtaine de produits, qui ne laissent pas de résidus et que l'on n'avait pas l'habitude de transporter ail leurs.» Or les enquêteurs de la police judiciaire ont passé au crible le moindre mouvement ou transfert de matières chimiques à AZF. Ils ont déterminé qu'une benne contenant des produits chlorés à jeter, en provenance de la zone sud où on utilise du chlore, avait été déversée une demi-heure avant l'explosion à l'entrée du bâtiment 221 qui abritait les stocks en vrac des tonnes de nitrate d'ammonium à usage agricole et industriel. C'est le témoignage, qui se révèle capital, d'un employé manutentionnaire d'une entreprise sous-traitante, qui a permis de comprendre comment le hangar avait pu exploser, au point de creuser un cratère de 50 mètres de diamètre, pour près de 5 mètres de profondeur. L'effet de souffle s'était propagé dans toute l'agglomération. Arrachant toits, portes, fenêtres, à des kilomètres de là.

Réaction. Après trois mois d'enquête, la piste du chlore comme possible étincelle dans un mélange détonnant ne convainc pas l'industriel. Vendredi en début de soirée, le directeur délégué de TotalFinaElf (TFE) à Toulouse, Patrick Timbart, a estimé que «rien ne permet de dire aujourd'hui que l'hypothèse d'un mélange entre du chlore et des ammonitrates est meilleure qu'une autre, ni sur le plan scientifique, ni sur le plan des faits et de leur enchaînement, au moins en l'état actuel de nos connaissances». Il a insisté: «Cette hypothèse, qui n'est pas nouvelle, n'est pas à écarter mais, aujourd'hui, avec les connaissances dont nous disposons, elle n'a pas plus de valeur que d'autres hypothèses quant aux causes de l'accident.» De son côté, le procureur de la République, Michel Bréard, n'a pas confirmé à la presse les conclusions du rapport des experts chimistes. Il a annoncé qu'il réserverait ses déclarations publiques lors de l'audience solennelle de rentrée du tribunal de grande instance de Toulouse, le 15 janvier.

Par Brigitte VITAL-DURAND,Jacky DURAND


 Source : La Depeche (28/12/2001)    Source : Le Monde (29/12/2001)

(Pour rappel, la diffusion d'articles est soumise à des règles strictes. Je vous invite à consulter celles-ci en cliquant directement sur le logo en en-tete de page pour accéder au jounal propriétaire de cet article. En ce qui concerne le site sur lequel vous vous trouvez http://www.lesnews.org, les demandes ont été faites ou sont en cours. Pour plus d'informations, sur le drame de Toulouse, je vous invite également à consulter les articles disponibles ou dossiers sur les sites multimédias de ces journaux, accessibles également en cliquant via le logo du journal assoccié en en-tête)


Retour en haut de l article