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 Source : Tout Toulouse (01/11/2001)    Source : La Depeche (02/11/2001)
[Articles du 01/11/2001] - [ Periode : 11-2001 (256 articles)] - [ Source : Tout Toulouse (78 articles)]

Article paru le 01/11/2001 - Cet article est la propriété du journal ou société : Tout Toulouse

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L'offensive des partisans du maintien d'un site chimique


Photo © Tout Toulouse Partira ? Partira pas ? Rendez-vous le 30 novembre. C'est ce jour là qu'aura lieu à Toulouse le débat sur l'avenir du pôle chimique auquel la ville doit la plus grande blessure de son histoire. Lionel Jospin, " qui ne veut pas prendre de décision tout seul dans son bureau ", rendra cette décision publique après que tous les arguments auront été échangés ce jour là.

Plus jamais ça ! Jusqu'à présent, on a surtout entendu le cri de rejet de la population, relayée à droite par le maire, à gauche par le président du conseil général, par leurs assemblées unanimes, ainsi que par le président de la République. Mais d'autres voix commencent à se faire entendre qui plaident pour le maintien, sous certaines conditions, d'une activité du pôle chimique. Le président du conseil régional, Martin Malvy, s'était dès les premiers jours exprimé en ce sens en évoquant " un après AZF comme il y a eu pour le football un après Furiani " . François Junca, le président de la Chambre de commerce et d'industrie, a demandé qu' " on n'interdise pas à Toulouse ce que l'on permet ailleurs ". Dans nos colonnes ( tout Toulouse du 17 octobre) Jean-Louis Chauzy, président du Comité économique et social régional (CESR), a brisé le tabou : " L'explosion a détruit la moitié du site d'AZF, la politique en détruit l'autre moitié. Surfer sur la vague du plus jamais ça est un jeu dangereux pour l'agglomération toulousaine. Il n'y a pas d'activités sans risques ". La plupart des représentants de la société civile (employeurs, syndicats et associations) qui siègent au CESR lui ont emboîté le pas.

Revue d'arguments échangés lors de la réunion que le CESR a tenu le 22 octobre.

Jean Bertin, président de la Chambre régionale de commerce. " Déclarer le Djihad à la chimie, frapper d'anathème une communauté d'ouvriers, de techniciens, d'ingénieurs et de scientifiques, les contraindre à l'exil pourrait produire un triple effet pervers, celui d'affaiblir l'image industrielle d'un territoire, de créer du chômage et de ruiner toutes chances de développement exogène. On n'attire pas les investisseurs en leur faisant la grimace. "

Martine Bernard, au nom de la CGT. " L'avenir du pôle chimique doit être abordé dans le cadre d'un débat sérieux qui pose l'ensemble des problèmes. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un dilemne sur la délocalisation ou non. Ceux qui le mènent à des fins politiques évidentes trompent la population et masquent les véritables responsabilités (...) L'utilité de l'industrie chimique est soudain contestée alors qu'elle nous permet d'immenses progrès en matière de santé, de production agricole. c'est aussi tout ce qui fait notre quotidien. Elle joue un rôle de premier plan dans l'économie par le nombre d'emplois concernés (...). Il s'agit d'une industrie dangereuse mais le propre de toute activité humaine ne comporte-t-elle pas des risques ? Sa capacité est justement de pouvoir les maîtriser. Il n'y a pas de fatalité à l'accident (...). Nous exigeons la poursuite de l'activité des entreprises du pôle chimique dans des conditions de sécurité renforcées et un environnement urbain fortement sécurisé (...). "

Jean-Louis Robardey (Medef), au nom du collège des employeurs. " La chimie est un élément essentiel de notre vie quotidienne. Le pôle chimique est à la fois créateur de risque et source de qualité de vie (...) La confection de certains produits de base de la chimie est dangereuse. Comme, dans un autre domaine, sont dangereux l'électricité et le gaz, depuis leur création, leur transport, jusqu'à leur utilisation dans tous nos foyers. Faut-il alors arrêter leur développement ? Le bateau, le train, l'automobile, l'avion présentent d'énormes dangers. Et pourtant depuis le naufrage du Titanic, les navires de ligne ou de croisière se sont développés. L'accident terrible du Concorde n'empèchera pas celui-ci de reprendre son activité commerciale dans des conditions de sécurité meilleures (...). Le travail de recherche d'une meilleur sécurité ne s'arrête jamais. (...). Nous souhaitons vivement qu'aucune décision ne soit prise dans l'urgence. "

Francis Mayos, au nom de la CFE-CGC. " La délocalisation dans la région poserait des problèmes sociaux et reste difficilement envisageable en terme de coûts. La délocalisation hors de la région aurait les mêmes effets Après le rejet du site chimique aux cris de Plus jamais ça, des voix commencent à se faire entendre pour le maintien des activités sous certaines conditions. Le Conseil économique et social régional (CESR), présidé par Jean-Louis Chauzy, est un organisme consultatif du conseil régional qui regroupe 104 membres représentatifs des principales organisations d'employeurs, de salariés et de citoyens. Ils sont désignés par leurs organisations respectives. Le CESR est un lieu de débat et de propositions ouvert à tous les acteurs de la société, hors partis politiques. A ce titre, il se veut à l'image de la société civile. néfastes que l'arrêt total des activités (...) Nous demandons que des groupes de travail participent à l'élaboration de solutions, à l'avenir et au maintien de ce pôle chimique. (...) En refusant de nous associer aux polémiques indécentes qui font rage, nous ne voulons pas dresser une ville contre son industrie. "

Alain Bourdeleix, au nom de l'Union des industries chimiques. " L'importance du site est beaucoup plus qu'un simple effectif de salariés (...). Sur le plan interne, le budget de sécurité de ces usines a quelque chose d'effarant et d'impensable par son importance (...). Si Alphonse Allais voulait pour que les villes soient agréables les mettre à la campagne, il ne faut pas les mettre autour des usines dans ces campagnes. Hélas, c'est ce qui a été fait à Toulouse. "

Dominique Surles (Union fédérale des consommateurs) au nom du collège des associations. " Il ne faut pas mêler responsablité et culpabilité, l'un pousse en avant, l'autre tire en arrière (...) Nous avons tous les éléments d'une démarche pour répondre avec humilité et dignité au débat sur l'avenir des industries chimiques. Le "plus jamais ça" ne doit pas se transformer en "nulle part ailleurs" (...). "

Jo Bellanca, au nom de Force ouvrière. " (...) L'implantation des usines à la campagne est une douce rêverie et augmenterait certains risques (...) Pour qu'une véritable sécurité existe à l'extérieur du site, il nous faut d'abord s'assurer et maîtriser la sécurité sur le site lui-même (...) Toulouse est frappée au moment même où la situation internationale est des plus fragile. C'est pourquoi il nous faut développer de nouvelles compétences économiques sans écarter le pôle chimique et médicamenteux (...). "

Pierre-Marie Collet, au nom du collège des employeurs. " (...) Attention à une décision trop rapide ou "parapluie" que pourrait prendre une institution politique publique. Elle pourrait tuer toute dynamique porteuse d'avenir. Toute suppression d'entreprise du fait de l'explosion du 21 septembre annoncerait le scénario d'avenir noir pour les habitants de la région toulousaine et, à terme, pour d'autres régions (...). Toulouse ne peut pas se permettre de perdre une compétence comme l'industrie chimique. "

Pierre Labeyrie, au nom d'Uminate (Fédération d'associations environnementales). " Les associations d'environnement qui, depuis longtemps, ne sont ni sourdes ni aveugles, ont souligné le problème posé par les risques industriels de la zone sud et la gestion de cves risques (...). On ne peut plus tolérer que seuls des choix financiers et industriels conduisent à des prises de risques par l'ensemble de la population, alors que la teneur du risque n'est pas exposée clairement, ni l'utilité des productions à risques (...). On ne peut plus laisser les gens dans l'ignorance, les prendre pour des enfants avec des discours sécurisants, mensongers (...). "

Pierre Glénat, au nom des professions libérales. " (...) Le risque zéro n'existe pas mais le controle des risques est le seul moyen d'apporter une réponse à l'équation du risque industriel et de la cohabitation de logements plus ou moins éloignés pour garder les emplois et la production nécessaire au pays (...). "

Michel Berthoumieux, au nom de la CFDT. " (...) Le redémarrage de l'activité de la plateforme chimique ne peut pas s'effectuer dans les mêmes conditions. Il faut choisir parmi les types de production celles qui sont écologiquement, économiquement et socialement acceptables. Les critères de sécurisation doivent être fondamentalement modifiés (...). "

Claude Dupuy, au nom des syndicats autonomes (UNSA). " (...) Le 21 septembre, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, nous savons qu'il n'y a plus d'infaillibilité technologique (...). Les pouvoirs publics et les chefs d'entreprise devront renoncer à la politique du secret et accepter de véritables contre-pouvoirs en ce qui concerne la sécurité (...). "

ph. E. Grimault


 Source : Tout Toulouse (01/11/2001)    Source : La Depeche (02/11/2001)

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